Interview du Ni-zin ni-zôtre avec Virginie

nizinnizotre

 

ZZ 006– Bonjour Virginie. Peux-tu nous parler un peu de toi ?

 

– Bien sûr. Par quoi veux-tu que je commence ?

– Eh bien, par exemple, tu te situerais où, toi ? Parmi les Zins ou parmi les Zôtres ?

– Oh ! Tu commences fort ! Mais ma réponse sera brève : ni chez les Zins ni  chez les Zôtres.

– Eh, mais c’est comme moi alors !

– Et oui…Qu’est-ce que tu crois ? Que tu es arrivé dans mon esprit par hasard ?

– En fait,  je m’en doutais déjà un peu… C’était juste pour confirmer. Il y a des gens qui ont dit que cette histoire, les Zins et les Zôtres, était autobiographique.

– Ils ont un peu raison… Mais un peu seulement. Tu sais, j’ai voyagé pas mal et j’ai rencontré beaucoup de Zins et autant de Zôtres. Bien sûr,  je ne suis pas comme eux et je n’essaie pas d’être comme eux. On peut être ou devenir comme eux, bien sûr. Au fond, ce n’est pas si difficile que ça, mais on risque de perdre une plus ou moins grande partie de soi-même.

– Alors on est contraint à être comme moi… Et toi : Un Ni-zin ni-zôtre.

– Je ne le vois pas comme une contrainte, mais plutôt comme une chance.

– Ah bon ?

– Oui, celle d’être soi-même.

– Et les Zôtres, et les Zins dans tout ça ?

– Ils contribuent à faire de nous ce que nous sommes justement. Et puis, il y a la tolérance.

– Tu peux expliquer ?

– Eh bien, ce n’est pas parce que tu n’es pas un Zin ou un Zôtre qu’il faut les mépriser. Au contraire, c’est grâce à eux que tu te construis toi-même.

– Quels Zins et quels Zôtres as-tu connu ?

– Je pense que je suis né chez les Zins quelque part en France. Les Zôtres, au fur et à mesure que tu grandis, ils deviennent de plus en plus nombreux. Et tu découvres qu’ il y en a partout même très loin!  J’ai eu envie d’aller les rencontrer. Je suis allée en Irak, en Égypte, en Palestine, en Turquie, en Europe…

Et peu à peu, je me suis rendu compte que les Zins devenaient de plus en plus des Zôtres et que les Zôtres  chez qui je me trouvais devenaient  comme des Zins.

– Arrête ! Tu vas me rendre zinzin !

– Oui je sais, c’est une histoire de fou, mais l’histoire des zêtres zhumains, c’est comme ça…

– Comment en es-tu arrivée à écrire pour les enfants ?

– Je n’écris pas que pour les enfants. Tout le monde peut lire mes livres. Il est de petits livres qui font grandir davantage que des romans fleuves. Mais j’aime les enfants tout particulièrement car ils portent en eux beaucoup d’espoir et il faut leur transmettre des messages forts.

– C’est pour ça que tu as choisi d’enseigner ? Tu es professeur des écoles n’est-ce pas ?

– Oui. J’aime beaucoup enseigner car ce n’est pas vraiment comme un travail. C’est un travail bien sûr parce qu’il y a des horaires à respecter et beaucoup de choses à faire avant et après les cours,  mais quand je suis dans la classe avec les enfants, j’ai l’impression de faire une activité vraiment humaine et normale, c’est-à-dire leur apprendre des contenus bien sûrs mais aussi et surtout les amener à réfléchir sur ce qu’ils apprennent et sur ce qu’ils peuvent en faire dans leur vie.

– Réfléchir, réfléchir… Ce n’est pas toujours ce qu’on demande à l’école !

– Oui je sais. Il y a de la compétitivité, les examens, les programmes… Ça me donne envie de fuir parfois, de sauter par la fenêtre (rassurez-vous, ma classe est au rez-de-chaussée). Si j’avais une flûte magique, je ferais certainement comme le joueur de flûte de Hamelin,  j’emmènerai toute ma classe quelque part loin très loin…

– Justement, tu aimes trop la musique !

– Oui, je joue du quantum et de la cithare (du psaltérion). Le kanun est un instrument turc et moyen-oriental très joli.  La cithare est un instrument qui date du Moyen Âge. Tu peux les écouter sur mon site si tu veux.

– Je n’y manquerai pas. Qu’est-ce que tu trouves de pire dans le monde ?

– L’injustice. Ça recouvre la misère, la pauvreté, le fait que des gens meurent de faim ou de maladie alors que d’autres sont dans la surabondance et le gaspillage. Je n’aime pas dire : « Oh là là, qu’est- ce que je peux faire ? On ne peut rien faire ! » Si.  Je suis sûr qu’on peut tous faire quelque chose à notre degré en en défaisant d’autres, même des toutes petites choses.

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Et puis il y a une autre chose qui m’inquiète : c’est la montée de l’intolérance partout dans le monde. Trop de gens s’enferment, se replient  sur leurs certitudes. C’est ce que j’appelle “le règne des certitudes”. A l’heure des moyens de communication tous azimuts, on ne s’écoute plus… À ce propos je vais citer Malraux qui dit : « Une civilisation me paraît se définir à la fois par les questions qu’elle se pose et par celle qu’elle ne se pose pas. » Je trouve que l’être humain n’évolue plus au niveau de sa pensée. Le matériel a explosé, le spirituel (pas forcément au sens religieux mais selon ce qui fait la spécificité de l’être humain, à savoir l’élévation de sa conscience) n’a pas suivi ou bien il a été négligé ou sous-estimé.

– Qu’est-ce qui te fascine le plus ?

– L’infiniment petit, l’infiniment grand et l’infiniment profond. Il faut réapprendre à s’émerveiller comme le disait Einstein devant les choses les plus minuscules ou majuscules de la nature et savoir retourner en soi dans ses propres profondeurs pour continuer toujours et toujours à mieux se connaître.

– Je te remercie Virginie, nous en resterons là pour aujourd’hui, mais je te dis à bientôt pour de nouvelles interviews.

– Merci et à bientôt Ni-zin ni-zôtre!