Qui suis-je?

Vous pouvez bien entendu aller lire l’interview que j’ai eu récemment avec le Ni-zin ni-zôtre.

Je peux cependant rajouter quelques éléments.

Casquette N°1

Tout a commencé vraiment avec les Zins et les Zôtres.

L’identité, un thème qui reviendra sans cesse dans mes histoires. Ces identités qu’on voudrait qu’elle ne soit plus “meurtrières” (Amin Maalouf). C’est peut-être pour cela que j’écris.

L’expression « écrire pour les enfants » me laisse perplexe. Quand j’écris, je ne sais pas pour qui j’écris, ni à qui s’adressera mon histoire. Je ne cible pas. J’écris tout simplement. Mon expérience d’enseignante  me confirme que les albums dits de littérature jeunesse parlent autant aux adultes qui les lisent (ne serait-ce que pour leurs enfants) qu’aux enfants. Parents comme enseignants se montrent sensibles et réceptifs aux messages ou à la poésie de certains albums.

Les contes, fables relégués aujourd’hui dans la rubrique littérature jeunesse n’étaient pas, à l’origine, destinés à la jeunesse mais à tout le monde, ce monde comprenant en premier lieu les adultes.

La littérature “jeunesse” ou encore dite “enfantine”, n’est apparue” d’ailleurs comme telle  que vers le milieu du 18ème siècle. Il s’agit alors d’une littérature qui se veut axée sur l’apport de valeurs citoyennes.

J’écris donc parce que j’aime écrire et que cela constitue un acte naturel pour moi à l’instar de celui de m’alimenter ou de bouger.

Un autre thème revient en filigrane dans mes écrits : la liberté, mais pas n’importe laquelle, celle qui sait où je dois m’arrêter pour ne pas dénigrer celle des autres.

J’aime jouer avec les mots, ceux qui, à cinq ans, peuvent sembler “durs”… Et auxquels on invente une signification parfois insolite. À titre d’exemple anecdotique, « le mur du son » est devenu, du haut de mes cinq ans, ” le mur du son”  une sorte de gros ours velu qui grognait quand les avions passaient. Il s’agissait alors dans mon esprit d’un “murdusson”.(peut-être du latin “murdussonus”…)

Casquette N°2 (ou numéro un si on prend en considération le temps que j’y passe )

Je suis professeure des écoles. J’ai enseigné dans plusieurs niveaux avec pour prédilection les GS, CP et CE1, ces niveaux dits “des apprentissages fondamentaux”.

Même si la plupart des apprentissages le sont quelque soit l’âge, j’ai toujours particulièrement affectionné cette classe d’âge dans laquelle il faut faire en sorte de donner le goût de la lecture et de l’écriture malgré l’ apprentissage formel des sons, malgré les contraintes de l’orthographe, un âge où il faut donner le goût des “mots durs”… et des mots tendres bien sûr.

J’ai eu en charge également durant quelques années une classe de CRI (quel sigle affreux !) « Cours de rattrapage intégré » (encore pire !) . De quoi s’agit-il ? Oui, je concède que ça demande quelques éclaircissements. Il s’agit d’une classe ou en accueille les enfants non francophones qui arrivent en France.

Là aussi ce fut un bonheur que d’y enseigner ! Le monde entier, avec ses drames et aussi ses joies, est passé dans ma classe.

Cette période fut aussi peut-être le catalyseur  de mon départ à l’étranger. Je recherchais alors un pays du Moyen-Orient, histoire d’ abreuver une racine qui avait poussé dans ma jeunesse et qui nécessitait probablement d’être ravivée. L’Irak, le pays de ma racine, ne pouvait  de par le chaos qui régnait et qui perdure encore,  être ma destination.

Ce fut donc la Turquie : mélange d’un “hasard” de calendrier de commission de recrutement et de “nécessité” personnelle… Je devais y passer trois ou quatre années. J’y suis encore au bout de sept ans. Pour combien de temps ? J’enseigne le Français auprès d’enfants de maternelle et de primaire dans une école turque à Ankara. Là aussi, que du bonheur!

Casquette N°3

Celle-ci est désormais liée à la Turquie. J’y ai découvert le kanun , un instrument turc et moyen-oriental merveilleux, merveilleusement difficile aussi, et qui offre de multiples possibilités d’expression lorsqu’on le maîtrise  (ça, c’est une autre histoire !).2014_0330_1437_33 (3)

Il contribue à épanouir les sens : d’autres gammes, d’autres mélodies, l’improvisation, bref, une multitude de perceptions nouvelles qui alimentent mon univers sensitif.

Dès que je saisis un moment de sérénité non interrompu par des aboiements de nos amis les chiens du quartier ou par mes charmants voisins adeptes de la rénovation quelque peu bruyante de leur appartement, je vous laisserai apprécier par vous- même.

Allez, ça suffit ! Assez parlé de moi… Allez donc jeter un coup d’œil à ma petite famille qui est dans la rubrique « people » et « bibliographie ».